
Avant de se demander comment lutter contre les discriminations, nous pourrions déjà nous demander ce qu’est réellement une discrimination, et ensuite pourquoi est-il si difficile de lutter contre cette nouvelle forme de violence dans nos sociétés contemporaines. On appellera par la suite discrimination tout jugement d’une personne sur ses aspects physiques (couleur de peau, âge, handicap), ou sur son appartenance à un groupe social, et non sur ses qualités, et ce jugement engendrant un acte ou une sanction (violence physique, verbale, refus d’emploi, etc.). La définition du dictionnaire appelle discrimination le « fait de distinguer des autres un groupe (social) et de restreindre ses droits »
Nous savons désormais de quoi nous parlons ; mais nous n’avons toujours pas établi pourquoi lutter contre la discrimination s’avère difficile. Tout d’abord, les chiffres manquent cruellement : comment déterminer l’ampleur d’un phénomène sans le chiffrer, sans le comparer à d’autres données ? Les méthodes de recensement et les grands organismes de sondage doivent être mobilisés sur cette question ; par exemple, nous pourrions, lors du recensement annuel, faire apparaître de nouvelles données, comme la nationalité des parents ou d’éventuels handicaps. Nous n’avons pas pour objectif d’arriver à une société de fichage permanent, mais bel et bien d’avoir les outils en main afin de juger ce phénomène. Combien de personnes pensent avoir subi une discrimination à l’emploi ? Arrêtons les considérations générales et parlons de la discrimination comme ce qu’elle est actuellement ; un phénomène social d’ampleur considérable. La discrimination est ouverte à plusieurs interprétations et à la subjectivité de chacun ; même si nous pourrions connaître avec précision un certain nombre de données et de chiffres, et que le phénomène serait enfin cerné et considéré à sa juste valeur, il n’empêche pas qu’un certain nombre de mesures concrètes devront être appliquées afin de réduire ce chiffre.
Parlons de l’emploi. Qu’en est-il d’un certain nombre de mesures qui étaient pourtant débattues il y a quelques années ? Qu’en est-il d’un CV anonyme ? Certains diront que cela ne change strictement rien étant donné que, lors de l’entretien d’embauche, le responsable peut très bien refuser le candidat sur des considérations plus que douteuses ; mais c’est l’occasion, pour le prétendant au poste, de montrer ses qualités, de s’exprimer, d’obtenir un rendez-vous malgré son nom ou sa nationalité. Le patron se verrait obligé de déclarer le rendez-vous après avoir reçu le CV ; un rapport du type « nombre de recrutés / nombre de candidats » pourrait alarmer des institutions sur les méthodes de recrutement des grandes entreprises. Pour les salaires, tous les employés d’un même poste et avec la même ancienneté doivent être rémunérés de la même manière ; un employé pourrait donc avoir le droit de demander à son patron les rémunérations salariales des collègues qui occupent le même poste que lui. Les salariés sont tenus de rendre régulièrement des comptes aux patrons ; pourquoi ne pas envisager une démarche dans l’autre sens ? L’égalité des salaires entre les hommes et les femmes doit bien entendu être une évidence. Pour donner plus de pouvoir aux salariés, il faut sans aucun doute éviter de fragiliser leur situation ; les méthodes de licenciement abusives sont un bon moyen de freiner les aspirations de solidarité dans une entreprise. Il faut non seulement encourager les syndicats, mais aussi éviter toutes les dérives vers lesquelles nous nous dirigeons actuellement ; qui n’a jamais été effrayé à l’idée d’un gérant d’une multinationale, derrière son écran, déplaçant le nom d’un de ses employés vers la corbeille, puis cliquant sur « vider la corbeille », réduisant ainsi une vie entière d’un simple clic ?
Enfin, nous pourrions envisager certaines mesures ; les entreprises qui embauchent des femmes et des hommes de nationalités différentes pourraient obtenir des distinctions, par exemple un « label de la diversité ». Ces entreprises se verraient récompensées (elles pourraient bénéficier d’avantages fiscaux) et les consommateurs désireux d’encourager de tels initiatives pourraient sélectionner leurs produits. Nous ne parlons pas de discrimination positive ; ce n’est pas une méthode visant à forcer les entreprises à rentrer dans des quotas, c’est une méthode où les entreprises comprendraient qu’elles ont tout intérêt à favoriser la diversité.
C’est bien beau de parler de l’emploi, mais certains diront qu’il est tout à fait normal qu’un étudiant qui sort de son lycée privé parisien et de sa grande école, soit pris à tel ou tel poste plus qu’un autre qui sort de son lycée de banlieue et qui galère pour se monter un dossier correct. Normal, il est plus diplômé, plus réceptif, plus préparé. Alors, si nous voulons parler de la discrimination à l’emploi, il nous faut parler de la discrimination là où elle commence ; à l’école. Aujourd’hui, notre président nous parle de « l’assouplissement de la carte scolaire », c’est-à-dire que les parents auront le droit de choisir le lycée, le collège ou l’école primaire de leurs enfants. Sous couvert « d’égalité des chances », expression galvaudée comme jamais, on n’hésite pas à nous faire avaler n’importe quoi. Soyons réalistes : l’assouplissement de la carte scolaire ne profitera qu’aux privilégiés. Ce sont les parents favorisés, qui, connaissant les combines administratives, profiteront de cette nouvelle adaptation ; ils forceront leurs enfants à prendre le grec en option, parce que c’est le moyen d’obtenir une dérogation dans un lycée où cette matière est enseignée, ou encore ils diront habiter dans tel ou tel appartement pour pouvoir dépendre d’un autre établissement. L’Etat prétend que c’est le meilleur moyen pour les enfants de sortir des lycées délabrés, où les moyens manquent, où les profs ont du mal à tenir leurs cours, comme si ce n’était pas ce même Etat qui était responsable de cette situation. L’assouplissement de la carte scolaire est un véritable aveu d’impuissance ; « vous en avez marre de ces lycées à problèmes, alors à défaut de trouver des solutions on va vous donner tous les moyens d’en sortir ». Plus généralement, nous pourrions revenir sur les différences qui existent entre les établissements publics et privés ( « privés de racaille » comme dirait Renaud ), cette situation étant tellement établie qu’elle ne semble plus choquer personne aujourd’hui. Nous acceptons donc que le niveau d’éducation soit fonction de la quantité d’argent que nous disposons. Rien de choquant ?
Pour l’école, plusieurs initiatives seraient les bienvenues : méthode volontariste dans les lycées, visant à regrouper volontairement –je dis bien volontairement- des personnes issues de nationalités différentes, et ce dès le plus jeune âge. Arrêtons de réunir les uns comme des pestiférés et les autres comme des favorisés. Abolition des établissements privés, tout l’argent dépensé annuellement par les parents suffirait sans doute à améliorer les infrastructures de bon nombre de lycées. Favoriser le libre accès à la culture ; musées, théâtres, bibliothèques doivent garantir des avantages financiers aux étudiants.
Bref, certaines méthodes au niveau de l’entreprise (harmonisation des salaires, CV anonyme, « label de diversité »), ou au niveau de l’école (carte scolaire, privé/public), seraient à même de réduire les discriminations. Nous vous encourageons à proposer des solutions, à critiquer, ou à vous investir tout en restant constructif. Toutes les idées sont les bienvenues !
2 commentaires:
on peut également remonter encore plus loin et se demander pourquoi certains lycée connaissent de telles difficultés avec les élèves.
l'éducation a la maison est en effet le plus souvent la source du problème.
les enfants vivent dans des environnements instable, les parents ne peuvent pas toujours s'occuper d'eux, combien de très jeunes voient-on sortir tard le soir avec leur grand frère?
tout le savoir vivre et l'éducation que l'on recoit normalement chez soi leurs fait default et ils se voient projettés dans une école où ceci devrait être acquis. peut-on se plaindre après des problèmes comportementale?
commençons par responsabilisez les parents qui oublient un peu que le rôle de l'école n'est pas de leur donner une éducation de base les enfants mais de leur transmettre un savoir.
lol
très belle caricature!!
une fois de plus un problème courant de notre société et il est vrai que ce sont les problèmes les plus importants de nos jours!!
Mélanie
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