vendredi 20 juin 2008

Suite du débat sur les lycées de banlieues(1)

Tout d'abord, un grand merci à ceux qui participent activement au débat.

Nous sommes d'accord avec le fait que l'enseignement du bac n'apporte aucune espèce de culture générale ni d'apprentissage de la raison. Les enseignements de philo sont formatés et en deviennent presque proverbiaux. Pour moi, qui étudie les mathématiques, je peux vous dire que l'enseignement apporté pour le bac n'est plus du tout convenable et qu'il y a un gouffre énorme entre le lycée et l'enseignement supérieur. Pire encore, on ne nous apprend plus du tout à réfléchir par nous même, les méthodes de résolution de problème sont apprises par coeur. A l'heure actuelle, la performance serait de rater le bac plutôt que de le réussir puisque 83% des élèves l'obtiennent et parfois sans forcer. Certains élèves, parfois plus logique et moins conforme que d'autres, vont échouer à l'examen car ils n'ont pas su se fondre dans le "moule" que l'on a bâti.

Nous aimerions tout de même rectifier un point que vous avez repris. Nous n'avons jamais prétendu que les enfants de famille aisées réussissaient parce qu'ils ont travaillé par eux-même. C'est totalement l'inverse, ces jeunes là ont la chance de pouvoir réussir leurs études quoiqu'il arrive car ils sont suivis dans leur cursus scolaire dès leur plus jeune âge. Pouvant bénéficier de cours particuliers à tout va, ce n'est pas nous qui irions soutenir qu'ils sont plus motivés que les autres.

Ensuite, j'aimerai faire remarquer que tous les élèves de lycée de banlieue ne sont pas forcément des incultes invétébrés. J'en suis moi-même un et je peux vous dire qu'il y a aussi de la réussite et de l'intérêt pour les études dans les lycées de banlieues. Ce que je dis c'est qu'il est beaucoup plus difficile de trouver une motivation dans ces lycées là. Leurs élèves sont le plus souvent issus de familles modestes et doivent se battre de puis leur enfance pour percer dans les études ce qui n'est forcément pas de gaité de coeur pour tout le monde. Il est légitime de penser que c'est injuste que ces élèves là doivent se battre plus que d'autres pour réussir. Pourquoi devraient-ils toujours avoir à se battre alors que d'autres se tournent les pouces et attendent l'assistanat? ... Pas sûr qu'ils aient tort d'abandonner surtout quand l'on voit l'enseignement académique donné.

Pour ce qui est des lectures, c'est le même souci. Vous dîtes que les élèves de familles aisées sont plus érudits. Certes, ils ont plus de lectures car on les conditionne dès le plus jeune âge à lire. Mais bien souvent, ces jeunes là n'ont aucune espèce d'expérience de la vie. Tout leur est servi sur un plateau et il ne connaissent pas, par exemple, la valeur de l'argent durement gagné. Pendant mes années collège et lycée, il nous est arrivé de débattre entre amis de certains livres étudiés en classe sans pourtant en lire beaucoup. Et je pense que notre réflexion, faisant appel à l'expérience personnelle serait aussi intéressante que d'autres réflexions parfaitement moulées pour des dissertations bien conformes académiquement.

Sans vouloir démolir les élèves de famille aisées, qui sont eux aussi respectables, les élèves de familles modestes ont un dynamisme et un savoir de la vie déjà plus aiguisés. Et nous n'arrivons pas trop à comprendre comment mettre dans le même sac toute une population pour en arriver à dire que les élèves de bonnes familles sont de biens meilleurs produits républicains. C'est peut-être vrai, mais alors il y aura alors un vrai problème dans la république, ce qui n'est peut-être pas à l'opposé de notre pensée...

Merci de réagir à cet article en écrivant des commentaires, que ce soit pour l'appuyer ou le démolir, c'est votre droit le plus strict et nous l'encourageons!!!

0 commentaires: