Comme le disait François Mitterrand, « la vie ne doit pas être un annexe du travail ». A l’heure où le gouvernement fait décidément l’apologie du travail et encourage les citoyens français à multiplier leurs heures supplémentaires, nous nous devons de réagir quelque peu à la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui.
Allez, hop, je vais vous raconter une petite histoire. Je l’ai entendue un soir de juin, près d’un feu de camp. Non je déconne, en fait je me souviens plus trop ni du moment ni de l’endroit, mais ce qui compte c’est que l’histoire reste aussi marquante que le jour où je l’ai entendu.
Un homme passe ses journées dans une petite cabane en bois, près d’un lac, à pêcher ce qui lui sert midi et soir de repas. Il se complait dans cette existence jusqu’au jour où un autre homme, inconnu, vient lui rendre visite. Il lui dit alors « Tu sais que si tu pêchais une à deux heures de plus par jour, tu pourrais avoir un ou deux poissons de plus ? »
L’homme réfléchit à cette considération, et se décida de pêcher une à deux heures de plus par jour. Et effectivement, il pêcha un peu plus de poisson. Il était cependant plus fatigué à la fin de la journée et les nouveaux poissons servaient à lui redonner des forces. Tout se compensait. Trois jours plus tard, l’homme revint à la charge : « Tu sais, tu pourrais mettre quelques poissons de côté au lieu de les manger, et une fois vendus, tu pourras acheter une barque, et aller pêcher au milieu du lac, il y aura certainement plus de poissons. »
L’homme hésita quelques secondes et se lança dans l’aventure. Il mit des poissons de côté, et au bout de quelques semaines acheta sa première barque. Il pêcha de nouveaux poissons et continua à gagner de l’argent. L’homme lui dit alors : « Tu sais, avec tout cet argent, tu pourrais acheter une deuxième barque, puis une troisième, et les répartir sur le lac afin de couvrir tout la surface. »
L’homme n’y avait pas pensé, et se dit qu’il avait bien de la chance d’avoir quelqu’un pour lui donner des conseils. Bien que de plus en plus fatigué, il décida de s’y mettre, et quelques mois plus tard il avait ses trois barques, avec des cannes à pêche disposées un peu partout. C’est là que l’homme vint lui dire : « C’est le moment où tu dois tout vendre, acheter un chalutier avec des filets énormes et ratisser entièrement le lac, d’une extrémité à une autre. »
L’homme le fit, mais il se rendit rapidement compte qu’une partie de sa vie s’était écoulée, dans une production vaine où la seule chose qui l’attirait était d’amasser plus d’argent qu’il n’en fallait. Alors un enfant passe par là et lui dit : « Tu as passé ta vie à gagner de l’argent, mais pourquoi ? Que vas-tu faire avec tout cela ? ». Alors l’homme, fatigué comme jamais, lui répond : « Je rêve de m’acheter une petite cabane au bord d’un lac..».
Quelle meilleure image de la société dans laquelle nous vivons ? Obsédés par le travail, nous nous persuadons que le meilleur moyen d’être heureux est d’amasser un maximum de choses, se reposant uniquement sur les valeurs matérielles. Désenchantement permanent, où le rêve n’existe plus.
Les couples passent une journée à regarder un catalogue Ikea, pour savoir comment meubler leur dernier salon. Les gens s’entassent dans les supermarchés, à chercher la dernière promotion, à chercher les « trois pots de Nutella pour le prix d’un ». Ils sont stressés, attirés par la lumière des bannières publicitaires comme les insectes. Les hommes s’entassent dans des salles de musculation pour ressembler à ce que Calvin Klein leur dit d’être. Comme dirait si bien Chuck Palahniuk : « Les choses que l’on possède finissent par nous posséder. ». Nous connaissons beaucoup de vêtements, mais combien peu d’hommes.
Aujourd’hui, j’ai juste envie de vous dire de profiter de la vie. D’arrêter de se dire que « la vraie vie » attend la fin des études, attend le début le travail, que « la vraie vie » débute quand le week-end se profile, que la « vraie vie » débute pendant les vacances. D’arrêter d’avoir l’impression que vous êtes vous-même seulement en dehors du travail. Le bonheur n’est pas une destination, ce n’est pas ce que vous allez arriver à vous payer avec le temps, ce n’est pas tel ou tel objectif que vous allez remplir : le bonheur est le chemin. La vraie vie est juste là, devant vous. Il n’y a pas de meilleur moment que le moment présent pour être heureux.
Alors sortez ! Sortez maintenant, tout de suite. Allez au théâtre, au cinéma, et lisez, lisez autant que possible. Intéressez-vous à tout ce qui vous entoure. Ouvrez vos yeux et vos oreilles. Profitez de l’accès à la culture dont nous disposons aujourd’hui. Promenez-vous, sentez la nature, faites du sport quand vous le pouvez. Prenez part à des activités associatives. Aimez. Soyez des hommes, et tâchez de faire des choses que des hommes en bois ne pourraient pas faire.
1 commentaires:
Tentative de démagogie ??
La "vraie vie" ne serait elle pas celle qui met en avant une liberté d'action , de reflexion ? Si une personne veut travailler plus , qu'elle en éprouve le désir , pourquoi la brimer ?
les francais sont ceux qui travaillent le moins sur TERRE .. Oui , sur TERRE .. Et je ne crois pas que nous pouvons en etre fier ..
Trop de restrictions tue la restriction !
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